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Devis de site internet : le rendre comparable avant de choisir


Trois devis pour un même site ne se comparent que s'ils répondent à la même demande écrite. Envoyez le même cahier des charges à chaque candidat, puis vérifiez que chaque devis dit ce qui est livré, ce qui reste à votre nom et ce qui sera facturé ensuite.

Comparer des réponses fait partie du sujet Organisation : nous rédigeons le dossier envoyé aux candidats, puis nous comparons ce que chaque devis couvre et ce qu’il omet.

Pourquoi trois devis ne se ressemblent pas

Faute de demande écrite, chacun répond à sa propre idée du site. L’un compte la rédaction des contenus, l’autre suppose que vous les fournissez ; l’un inclut l’hébergement, l’autre le facturera chaque mois. Comparer les montants revient alors à comparer des sites différents.

La démarche qui marche est inverse : écrire d’abord un cahier des charges à partir de vos besoins, l’envoyer à plusieurs professionnels, regarder leurs réalisations, parler à un ou deux de leurs clients du même secteur que vous, puis comparer les propositions.

Le droit attend aussi quelque chose du candidat. La Cour de cassation l’a rappelé le 20 juin 2018 : dans tout contrat de fourniture informatique, le fournisseur doit se renseigner sur les besoins de son client et lui dire si ce qu’il propose y répond. Un devis rédigé sans une seule question sur vos besoins doit vous alerter.

Ce qu’un devis doit préciser

Un devis complet détaille les prestations, les délais, les coûts, les conditions de paiement et les garanties. Pour un site, vérifiez en plus qu’il dit :

  • le périmètre : les pages, les fonctions, les outils à connecter, et qui écrit les contenus ;
  • les livrables et le calendrier, avec une date de mise en ligne ;
  • ce qui sera à votre nom : le nom de domaine, l’hébergement, les comptes des services utilisés ;
  • la cession des droits sur le site, la remise du code et de la documentation ;
  • ce qui sera facturé ensuite : hébergement, nom de domaine, maintenance, évolutions.

Le gouvernement britannique en a fait une règle pour ses propres achats : ses contrats de services technologiques doivent dire explicitement à qui appartiennent les données et la propriété intellectuelle, code compris.

La cession des droits demande une ligne explicite. Commander une création ne transfère pas les droits d’auteur sur cette création (article L111-1 du Code de la propriété intellectuelle), et chaque droit cédé doit être mentionné à part dans le contrat (article L131-3). Un devis muet sur ce point vous laisse un site dont vous n’avez que l’usage prévu au contrat.

Si le site recueille des données personnelles, par un formulaire ou des comptes clients, celui qui l’héberge ou le maintient agit comme sous-traitant au sens du RGPD. Le guide de la CNIL sur le sujet le précise : un contrat doit alors définir, entre autres, l’objet et la durée de la prestation, la nature et la finalité du traitement.

Côté paiement, prévoyez un acompte à la signature et le solde après la mise en ligne, une fois vérifié que toutes les fonctions marchent. Entre professionnels, le délai de paiement est en principe de 30 jours après la prestation, et il doit figurer sur la facture comme dans les conditions générales de vente. Service-public.fr rappelle enfin qu’un devis engage celui qui l’a émis dès que vous l’acceptez, et ne vous engage qu’à partir du moment où vous le signez.

Les postes qui reviennent en supplément

Un devis imprécis peut cacher des coûts que rien n’annonçait. Ce sont d’abord ceux que la demande ne nommait pas, donc qu’aucun candidat n’a chiffrés, puis tout ce qui se paie chaque mois une fois le site en ligne. Le guide sur le prix d’un site internet donne les ordres de grandeur de ces frais récurrents.

Le phénomène dépasse les sites. Dans l’enquête 2018 du Project Management Institute, 52 % des projets achevés dans l’année avaient connu une dérive de périmètre, contre 43 % cinq ans plus tôt. Les marchés publics américains appliquent une règle simple : un prix ferme convient quand les spécifications sont raisonnablement précises. Quand l’ampleur du travail ne peut pas être estimée d’avance, l’administration peut payer au temps passé, avec un plafond que le titulaire dépasse à ses propres risques.

Les questions à poser à chaque candidat

La précision des réponses, la lisibilité du devis et les questions que le candidat vous pose en disent déjà beaucoup. Posez aussi les vôtres, et posez les mêmes à tous :

  • Qui fera le travail, et est-ce la personne que vous avez en face de vous ?
  • À quel nom seront déposés le nom de domaine, l’hébergement et les comptes ?
  • Que récupérez-vous si vous arrêtez de travailler ensemble, sous quel délai et à quel coût ? C’est l’objet de la clause de réversibilité.
  • Qu’est-ce qui est compris dans la maintenance, et peut-on la résilier ?
  • Le prix peut-il changer en cours de projet, et dans quels cas ?
  • Quelles sont ses conditions générales de vente ? La CCI Paris Île-de-France rappelle qu’un professionnel doit les communiquer à tout client professionnel qui les demande.

Faire relire les devis

Pour juger un devis, il faut savoir ce que chaque ligne représente comme travail. Quand nous comparons des réponses pour vous, vous recevez une analyse écrite : ce que chaque devis couvre, ce qu’il omet, et une recommandation. Nous ne revendons pas de licences et ne sommes affiliés à aucun éditeur : rien ne nous pousse vers une solution plutôt qu’une autre.

Nos propres devis portent sur des livrables, pas sur des journées, et ils ne bougent pas en cours de route, sauf si vous changez le périmètre.

Parlons de votre projet ou de votre problème.

Décrivez votre situation en quelques lignes, comme elle vous vient. Vous recevez une première lecture par écrit : ce que nous comprenons, ce que nous ferions, par où commencer. Pas un accusé de réception, pas de relance commerciale : une réponse qui vous sert, même si ça s'arrête là.